… Ou encore cette trentaine de poules, chipées dans les fermes
avoisinant mon pensionnat de montagne, pour remplir la
chambre du surveillant général pendant toute la durée du
week-end où il m’avait consigné. Quel magnifique poulailler
devint cette piaule en trois jours seulement : fientes et
plumes collées, et la paille pour faire plus vrai, et les œufs
cassés un peu partout, et le maïs généreusement distribué
par là-dessus ! Sans parler de l’odeur ! Ah, la jolie fête
quand le chef des pions, ouvrant benoîtement la porte de sa
chambre, libéra dans les couloirs les prisonnières affolées
que chacun se mit à poursuivre pour son propre compte ! …
(Daniel Pennac, “Chagrin d’école”)